Philippe Croisier et Gaëlle Hamonic, deux des cinq commissaires de l’exposition KamaSutra à la Maison de l’architecture (Paris), nous en disent plus sur l’événement.
1/ Pourquoi avoir intitulé cette exposition « Kama Sutra »?
G.H. : Il s’agissait de souligner la relation très forte qui existe entre l’architecte et la réhabilitation sur le patrimoine. Après avoir évoqué différentes pistes, nous en sommes arrivés à l’idée de Kama Sutra car elle est synonyme de plaisir et de partage. L’aspect « multi-positions » reflète toutes les façons et les approches qu’on peut trouver. Le kama Sutra porte cette notion de plaisir et de positions incongrues.
2/ Dans quelle mesure ces différents projets incarnent-ils un certain « renouveau » architectural?
G.H. : Nous avons sélectionné des projets qui avaient travaillé sur le rapport entre le patrimoine et l’architecture contemporaine. On est ici dans une approche du « recyclage » du bâtiment, de l’hybridation entre le passé et le futur. Ces projets montrent une sorte de 3ème voie qui seraient comme le collage successif de plusieurs époques.
3/ Qu’apportent ces réalisations au débat sur la ville durable, la ville de demain?
Le premier des critères environnementaux, c’est de ne pas mettre à la poubelle, de ne pas jeter l’emballage. Si on parle de « ville durable », on pense matériaux et économies d’énergie mais quand un bâtiment est démoli, cela entraine des tonnes de gravas et beaucoup de ressources et d’énergies utilisées. De réfléchir à comment on transforme les bâtiments est une contribution au débat sur la ville durable en faisant le pari que l’on ne ne démolira plus demain comme hier.
Propos recueillis par Déborah Antoinat