Climatosceptiques : le retour en force ?

Majoritairement admis par la communauté scientifique, le réchauffement climatique semble être une vérité mesurable indéniable. Pourtant, depuis Copenhague, les contestataires ont retrouvé de la voix.

Les climatosceptiques laisseraient-ils le street artiste Banksy... sceptique ?

Les climatosceptiques laisseraient-ils le street artiste Banksy... sceptique ?

Quel sort réserve les médias français aux climatosceptiques ? Difficile d’affirmer à première vue, que Allègre & Co reçoivent un accueil chaleureux de la part de la presse, de la télévision et de la radio. Pour autant, il y a toujours eu débat sur les causes du réchauffement climatique, et tous les scientifiques ne se risquent pas à affirmer leurs certitudes d’une cause humaine. Difficile donc de ne pas laisser la place à ces “négationnistes environnementaux”. « Une des raisons de la non-présence des climatoscpetiques dans les médias s’explique par le fait que les journalistes traduisent la pensée unique admise dans l’opinion selon laquelle l’homme est à la base du changement climatique explique le journaliste Jean-Yves Casgha, fondateur de Terre.tv et du Festival Science-Frontières. Les journalistes aiment les choses simples. Or, quand on leur dit que 2500 chercheurs sont d’accord sur le même sujet, ils vont forcément acquiescer et ne vont pas chercher à donner la parole aux contradicteurs. Mais rien ne garanti à 100 % que ces 2 500 scientifiques ont raison ! »


L’influence paradoxale de Copenhague

Contrairement à la presse française, les médias anglo-saxons ont toujous été plus à l'écoute des climatosceptiques. Témoin cette une du 13 août 2007 de Newsweek au titre provocateur : "le réchauffement climatique est un canular".

Contrairement à la presse française, les médias anglo-saxons ont toujous été plus à l'écoute des climatosceptiques. Témoin cette une du 13 août 2007 de Newsweek : "le réchauffement climatique est un canular".

L’échec de Copenhague aurait-il joué un rôle salvateur en la matière ? A savoir laisser plus de place aux climato-sceptiques et à leur théorie en France. Probablement selon Jean-Yves Casgha : « L’échec du sommet a permis aux climato sceptiques de se réveiller. Je pense notamment à Vincent Courtillot ou Claude Allègre. » Ainsi, deux mois après la fin de la conférence de Copenhague, Libération publie un dossier intitulé : « Réchauffement, les sceptiques attaquent ». Habitué à prendre position en faveur d’une réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre, le journal laisse largement la place dans ce dossier aux théories des climatoscpetiques. L’éditorial de Laurent Joffrin est dans le même ton : “Nolens volens, une série d’erreurs partielles, d’approximations et d’occultations de données (certes explicables) ont apporté une eau plus ou moins limpide au moulin des climatosceptiques parmi lesquels Claude Allègre se distingue par son opiniâtreté. Certains de ces non-croyants sont politiquement orientés ou bien liés à des intérêts économiques. Mais d’autres sont de bonne foi (…) Pourquoi ne pas écouter ces critiques, quitte à les réfuter? Plusieurs voix demandent une réforme du Giec, qui laisserait plus de place aux opinions dissidentes. N’est-ce pas la règle dans toute controverse scientifique? La vérité sur le climat n’a rien à perdre à cette confrontation.” Le directeur de Libération laisse ici la place au débat. Une position que l’échec du sommet de Copenhague et le Climate Gate (voir plus bas) auront grandement favorisée.

Et à l’image de l’évolution éditoriale de Libération, de nombreux journaux mettent désormais en opposition les défenseurs des conclusions du Giec et les climatosceptiques. Même principe à la télévision et à la radio, où les émissions parfois très consensuelles sur le sujet font désormais plus de place au débat. Une évolution salvatrice pour la démocratie, mais pas forcément pour la planète…


Pour en savoir plus :

Interview de Jean Jouzel, membre français du GIEC, qui réagit aux attaques sur la précision des données du groupe d’experts.

Interview du climatosceptique Vincent Courtillot sur le plateau de l’émission Parlons net sur France Inter, le 27 novembre dernier.

Trois questions à Gilles Klein, journaliste

Gilles Klein est chroniqueur à Arrêt sur images et blogueur pour Le Monde du blog et Le phare. Il nous explique la position des médias français en matière de climatoscepticisme.


gillesklein_portraitComment expliquer que les climatoscpetiques n’aient pas toujours la voix au chapitre dans les médias français ?

Le discours sur le réchauffement climatique a été unanimement accepté par les médias. Il n’a pas été remis en cause car il semblait refléter un consensus international de scientifiques. Il avait donc une caution, renforcée par le fait que le discours environnemental non-scientifique, celui aussi bien de Yann Arthus Bertrand que de Nicolas Hulot, était déjà dans le quotidien des journalistes non-spécialistes du secteur. Il y avait quelques voies dissonantes avec les bons clients des médias mais qui apparaissaient comme de gentils sceptiques comme Allègre à l’époque, mais le débat n’était pas du tout violent. J’ai l’impression que ce qui s’est passé dans l’université d’East Anglia par rapport au Climate Gate a été un révélateur. Car c’est d’abord parti très fort dans la presse britannique et étant donné que le sommet de Copenhague avait lieu quelques semaines après cet incident, c’est rentré dans l’actualité de Copenhague.

Les médias doivent-ils mener le thème du réchauffement climatique vers le débat ?

Quand la France s’est engagée dans le nucléaire, il y a eu une absence de débat. En ce qui concerne le réchauffement climatique, il est important que ce débat apparaisse. Mais c’est d’autant plus difficile que les journalistes ont manqué d’informations sérieuses sur le sujet, de regards critiques et de distances. Ce qui est explique du coup des phénomènes de balancement. Il y avait autour du réchauffement climatique un consensus alimenté par toute sorte de sources qui saturaient le journalisme de base. Maintenant, on se rend compte en effet qu’il y a un réchauffement mais que tout le monde n’est pas d’accord sur son intensité. Ni d’autre part sur les causes et les solutions à trouver pour y remédier.

Le Climate Gate n’a-t-il pas discrédité les scientifiques du GIEC dans les médias ?

Je ne crois pas que cette affaire ait eu autant d’importance que ça sur ce plan là. Le principal avantage de cette crise provoquée par le piratage des mails de l’Université d’East Anglia est qu’elle va obliger les scientifiques à être encore plus rigoureux. Il y a un tel consensus global sur la réalité du réchauffement climatique que certains se sont laissé aller à des méthodes de travail qui ne seraient pas acceptées dans d’autres domaines de la science.

Votre région est-elle verte ?

En prélude aux élections régionales, qui se tiendront les 14 et 21 mars prochain, Terra Eco vient de publier son palmarès des régions les plus vertes. Alors, verdict ?


600_verger_automne4Qu’est-ce qu’une région verte ? Pour le magazine Terra Eco, il s’agit d’un territoire exemplaire sur les trois volets associés d’ordinaire au développement durable : l’économie, l’écologie et le social. D’où l’idée de noter les 22 régions métropolitaines  selon ces trois critères, à l’aune d’indicateurs aussi variés que le poids des déchets et le volume d’émissions de CO2 par habitant, le nombre de jours de pollution, le taux de créations d’entreprises, l’écart des revenus ou encore l’espérance de vie…

Résultat ? C’est la région Rhônes-Alpes qui arrive en tête du classement général : 3e en économie, 4e en écologie et en social, elle devance Midi-Pyrénées et Limousin. A l’autre extrémité du palmarès, on trouve la Haute-Normandie, la Picardie, le Nord-pas-de-Calais et la Champagne-Ardennes.


Voir le détail du classement :

Nanotechnologies : la France investit

Après une évaluation des risques liés aux nanotechnologies dans l’industrie, le gouvernement a lancé en mai 2009, le plan Nano-Innov. Doté de 70 millions d’euros, il permettra la construction de centres d’intégration des nanotechnologies à Saclay, Grenoble et Toulouse, dans lesquels la recherche fondamentale travaillera avec les entreprises. Au niveau européen, les trois pôles s’intégreront notamment par l’intermédiaire de l’Institut européen de technologie (EIT), autour de grands thèmes comme la médecine, les transports, l’énergie, le climat et la complexité des technologies. Quand au débat public sur les nanotechnologies qui s’est achevé mardi 23 février, il aura tellement suscité les passions que les dernières réunions auront eu lieu sur Internet pour éviter les confrontations entre pro et anti-nanotechnologie comme l’explique le journal Les Echos.

Nanotechnologies : à quoi pourrait servir l’infiniment petit ? (2)

Suite et fin de notre tour d’horizon des perspectives ouvertes dans le domaine de la construction par les nanotechnologies.


La peinture solaire

peinture-solaire1Les nanotechnologies pourraient également être utilisées dans la conception des panneaux solaires. Ainsi, un panneau solaire classique est composé de nombreuses cellules photovoltaïques et le courant obtenu dépend de la taille de ce panneau et du nombre de cellules qu’il contient. Le concept de la peinture solaire consiste à intégrer des nanoparticules de semi-conducteurs à l’encre sur de longs rouleaux de papier d’aluminium, qui sont ensuite découpés en panneaux solaires. Ces panneaux solaires souples peuvent se dérouler sur les toits, s’intégrer dans les matériaux plastiques ou textiles, et sont à même de produire de l’électricité à un coût inférieur d’un tiers à celui d’un panneau classique. Ces nanoparticules peuvent même être intégrées directement dans une couche de peinture (voir photo). En plus d’être applicable sur n’importe quelle surface, ces nanoparticules solaires sont à même de produire de l’électricité à un coût inférieur d’un tiers à celui d’un panneau solaire classique. Les scientifiques cherchent maintenant à améliorer leur rendement.

L’électronique moléculaire

Un des grands défis de l’électronique est de remplacer le transistor classique par une molécule chimique ou biologique fonctionnant comme un interrupteur de courant électrique. La taille du transistor (le composant électronique actif fondamental en électronique) pourrait être divisée par mille, ce qui permettrait de fabriquer des ordinateurs beaucoup plus petits, plus rapides, moins chers et consommant beaucoup moins d’électricité.

Les nanomatériaux

Les alliages métalliques utilisés dans les matériaux de construction sont en général composés de grains de dimensions micrométriques. En diminuant la taille de ces grains à une centaine de nanomètres, on obtient des matériaux qui sont plus légers et qui ont de meilleures propriétés mécaniques. Les nanograins sont plus résistants car ils n’ont pas les défauts présents dans les grains des matériaux traditionnels. Le cuivre nanocristallin est ainsi trois fois plus résistant que le cuivre classique. Ils sont en outre plus malléables : en effet, quand on déforme le métal, les nanograins glissent plus facilement les uns par rapport aux autres. Les matières plastiques, à base de polymères, deviennent elles aussi plus résistantes et cessent d’être inflammables quand on leur incorpore des nanoparticules. Ces propriétés de résistance mécanique des nanomatériaux pourraient être exploitées dans des secteurs aussi divers que les matériaux de construction pour le bâtiment, les appareils électroménagers et les appareils médicaux.


Pour en savoir plus :

Le site du débat public sur les nanotechnologies

http://www.debatpublic-nano.org/index.html

Vidéo “Nano : the next Dimension”

La Commission Européenne et les nanotechnologies

http://cordis.europa.eu/nanotechnology/

L’actualité du secteur des nanotechnologies aux Etats-Unis

http://www.nano.gov/

Nanotechnologies : à quoi pourrait servir l’infiniment petit ? (1)

En février 2009, huit ministères ont lancé un débat public sur « les options générales en matière de développement et de régulation des nanotechnologies ». Alors que celui s’est achevé mardi 23 février par une réunion de clôture, zoom sur les incroyables perspectives de cette technologie de l’infiniment petit.


microscope-wake-forest1Bienvenue dans le monde l’infiniment petit. Equivalant à un milliardième de mètre, soit 0,000 000 001 mètre, le nanomètre est la plus petite unité de mesure utilisée par l’homme pour développer des technologies (le préfixe “nano” vient du grec et signifie “très petit”). 500 000 fois plus fin que l’épaisseur du trait de stylo à bille, 30 000 fois plus fin que l’épaisseur d’un cheveu, le nanomètre équivaut à la dimension d’une molécule (voir la photo si contre du microscope du Centre de nanotechnologies et de matériaux moléculaires de l’Université de Wake Forest). Déjà utilisées dans plusieurs secteurs industriels les technologies de l’infiniment petit représentent aujourd’hui un marché mondial de l’ordre de plusieurs centaines de milliards d’euros. Et en matière d’énergie et de matériaux notamment, les nanotechnologies pourraient faire des merveilles. Exemples.

Le nanotube : 100 fois plus solide que l’acier

nanotube1Le nanotube (voir image ci-contre) est un feuillet de graphite formé d’atomes de carbone disposés en réseau hexagonal, comme un nid d’abeilles, et enroulé sur lui-même comme un cigare. Son diamètre est de l’ordre du nanomètre, sa longueur peut atteindre plusieurs micromètres. Or, c’est grâce à cette structure très simple et très stable que le nanotube a des propriétés mécaniques et électriques impressionnantes. Ainsi, il est 100 fois plus résistant et 6 fois plus léger que l’acier. Il peut donc être utilisé pour fabriquer des matériaux composites de haute performance et il est déjà employé pour renforcer certains clubs de golf et raquettes de tennis, remplaçant peu à peu les traditionnelles “fibres de carbone”.

Des revêtements nanomodifiés autonettoyants

nanocristaux1Ce sont des revêtements inspirés du monde végétal, en particulier du comportement des feuilles de lotus qui ne se mouillent pas et qui restent propres même dans un environnement boueux. Concrètement, la surface de la feuille de lotus est recouverte par des nanocristaux de cire qui forment un réseau de minuscules piliers semblable à une planche cloutée (voir photo). Les gouttes d’eau ne peuvent pas mouiller cette surface et restent sphériques sans s’étaler car elles sont soutenues par les piliers. Mieux, la goutte d’eau nettoie la surface car elle emporte les impuretés. Fabriquées par biomimétisme, c’est-à-dire en imitant la nature, de telles surfaces artificielles à l’aide de nanomatériaux pourraient trouver des applications dans de nombreux domaines : vitres antisalissure pour fenêtres et automobiles, peintures faciles à lessiver, tuiles autonettoyantes, revêtements antibactériens pour la cuisine et les sanitaires…


Pour en savoir plus :

Le site du débat public sur les nanotechnologies

http://www.debatpublic-nano.org/index.html

Vidéo “Nano : the next Dimension”

La Commission Européenne et les nanotechnologies

http://cordis.europa.eu/nanotechnology/

L’actualité du secteur des nanotechnologies aux Etats-Unis

http://www.nano.gov/

ZAC Rungis : une ancienne gare transformée en écoquartier

La Zone d’aménagement concerté de Rungis est un projet de réamenagement sur environ 4 hectares qui devrait voir le jour à l’horizon 2014 afin de redynamiser un quartier enclavé du 13éme arrondissement de Paris. Le programme ambitionne de positionner la Zac comme une référence en termes de mixité sociale et de développement durable. Présentation de ce futur quartier.

 

imageLes installations prévues sur la Zac Rungis

La zone verra l’arrivée de bureaux, commerces, logements traditionnels, logements étudiants et chercheurs, une crèche de 60 berceaux, une halte-garderie de 20 places, un établissement d’hébergement de 100 lits pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) ainsi qu’un jardin.  « La mixité est dans ce projet bien respectée entre les bureaux et les logements, les promoteurs privés et publics et les différents équipements », estime Gilles de Mont-Marin Directeur de la SEMAPA, société d’économie mixte en charge de l’aménagement de Paris Rive gauche.

 

Le développement durable, pierre angulaire du projet

Le quartier ambitionne des objectifs élevés en terme de performances énergétiques des bâtiments. L’ensemble de la Zac ne dépassera pas une consommation énergétique de 50 kWh par m2 par an. Un objectif fixé dans le cadre du plan climat de la Ville de Paris adopté en 2007 et qui devrait être la base de la future RT 2012. L’association Les Amis de l’Ecozac a été un acteur prépondérant dans le processus de mise en place d’un éco-quartier, en privilégiant une forte dimension pédagogique : « Avant la publication du cahier des charges, nous avons organisé des soirées-débats et des voyages d’études à Fribourg et BedZed (ndlr: des éco-quartiers pionniers) où nous avons emmené des élus, la Semapa et quelques riverains pour faire prendre conscience de la réalité de ces projets », raconte Stéphanie Le Dantec, présidente de l’association.

 

rungis-photo-decembre-2009-apres-travaux-de-remblaisLes choix environnementaux

L’approche énergétique s’est faite bâtiment par bâtiment et usage par usage. Ainsi les logements étudiants et chercheurs ont été équipés de panneaux solaires thermiques afin de produire 50 % des besoins en eau chaude sanitaire.  2000 à 2500 m2 de panneaux photovoltaïques seront mis en place sur les toits de l’immeuble de bureaux, de façon à produire environ 225 000kwh/an.« La question de l’insertion dans le quartier était une donnée centrale pour l’architecte coordonnateur, Bruno Fortier. On a travaillé avec une forte densité du tissu urbain », explique  Gilles de Mont-Marin Récupération des eaux de pluie mais aussi auto-partage seront aussi présents.

L’ensemble a été pensé pour favoriser une circulation douce, privilégiant les piétons. Seuls 50 places de parking sont prévues. Un nombre volontairement faible pour promouvoir l’usage des transports publics ou du vélo. 8 véhicules en auto-partage seront installés dans  un premier temps et la capacité d’accueil pourra aller jusqu’à 20 véhicules.

 

L’ambition d’être un projet pilote

Une ou deux éoliennes vont être également installées pour alimenter en énergie la guérite du gardien du jardin. Pour le directeur de la Semapa , « ces éoliennes ont davantage une valeur expérimentale afin de montrer aux futures habitants les possibilités en terme d’énergies renouvelables. C’est un symbole ». Un point de vue partagé par les Amis de l’Ecozac, qui estiment cependant que ce travail de sensibilisation doit aller plus loin : « La Zac Rungis est un laboratoire, une vitrine, le suivi est primordial, affirme Stéphanie Le Dantec. Ce projet doit faire réfléchir sur la ville de demain.»

Déborah Antoinat

Les applications iPhone, amies de l’environnement ?

Les applications iPhone sauveront-elles la planète ? De fait, certaines d’entre elles s’intéressent de près à l’environnement, et proposent déjà un éventail de services destinés à verdir la vie. Petit tour d’horizon de ces applications, dont beaucoup ne sont pas encore disponibles en France.

 

greenmeter_300Surveiller ma consommation d’énergie

L’un des objectifs des politiques en matière développement durable est la maîtrise des consommations d’énergie domestique, et les pourvoyeurs d’applications iPhone l’ont bien compris. Ainsi, Tendril, une société américaine spécialisée dans les logiciels de gestion de la consommation électrique, propose un produit qui permet de suivre sa consommation d’électricité en temps réel. Condition : être abonné à une compagnie de gestion partenaire et disposer chez soi du système Tendril de gestion d’énergie. Autre application similaire : Energy cockpit, téléchargeable gratuitement. 

 

Calculer mon empreinte carbone

Must absolu en matière d’applications vertes : le calculateur d’empreinte CO2. Celui qu’à créé Jean-François Hecquet permet non seulement d’évaluer vos émissions de gaz carbonique, mais aussi le nombre d’arbres nécessaires pour les diminuer. 

Ceux qui voudront établir le bilan carbone de leurs déplacements téléchargeront GreenMeter - soit une application qui permet de déterminer très précisément les consommations d’énergie de votre véhicule. Enfin, les agriculteurs et amateurs de blagues bien grasses apprécieront la version bovine du calculateur de CO2 : Cow Fart CO2. Ou comment mesurer son empreinte carbone à l’aune des pets de vaches. Délicat… 

 

Mieux connaître mes amies les bêtes

En cette année de la biodiversité, les applications iPhone n’ont pas oublié les environnementalistes. Disponible aux Etats-Unis, l’application Birdseye permet d’identifer les oiseaux vus dans le voisinage grâce à une base de données. Quant à Audiozoo, elle permet d’écouter le cri des animaux simplement en cliquant sur leur photo…

Petit guide à l’usage du technophile responsable

Depuis août 2006, Greenpeace publie le “Guide pour une hi-tech responsable” qui classe les entreprises en fonction de leur “performance écologique”. Pour cette 14e édition, Nokia reste en tête, Apple poursuit sa remonté et Microsoft évite de peu la dernière place.


classement-electronique-vert-3Elles étaient 14 en août 2006, elles sont désormais 18 en janvier 2010. Tout les trois mois depuis quatre ans, Greenpeace établit un classement des plus importants producteurs de téléphones mobiles et d’ordinateurs en fonction de l’emploi de substances chimiques dangereuses et de leurs pratiques de recyclage des déchets électroniques. Si en 2006, aucune des 14 sociétés référencées par l’ONG ne pouvait se targuer d’être une entreprise “verte”, il en va de même quatre ans et 13 rapports plus tard. Reste que nombre d’entre elles ont amélioré leur note de départ. Ainsi, la moyenne est passée de 4 en 2006 à 4,6 en 2010. Mais si l’évolution reste limitée, le classement aura eu le mérite d’amener un peu de transparence là ou la communication prend bien souvent le pas sur les faits réels.

En tête du premier guide publié en 2006, Nokia maintient la cadence et conforte sa première place avec une moyenne de 7,3/10. Greenpeace souligne notamment l’attention apportée par la firme à son programme de collecte des appareils usagés, notamment en Inde. Et si la société finlandaise fait moins bien que lors du dernier classement paru en septembre dernier où elle avait obtenu 7,5/10 (Greenpeace pointe du doigt sa politique énergétique), elle limite largement les dégâts par rapport à Dell. Le constructeur d’ordinateurs était en effet le co-leader du classement il y a quatre ans, et se retrouve en quatorzième position en 2010 (3,9/10). Pire, il écope même pour cette édition d’un point de pénalité pour n’avoir pas tenu son engagement d’éliminer le PVC et BFR (retardateurs de flamme bromés). Des substances toxiques que l’ONG appelle à totalement supprimer des ordinateurs.

Apple / Greenpeace : je t’aime, moi non plus

Mauvais élève en août 2006 (2,7/10), Apple échouait même à la dernière place du classement en décembre 2006. “Quel paradoxe de voir une entreprise chinoise récente comme Lenovo prendre la tête de ce classement, tout en bas duquel stagne la marque américaine mythique Apple synonyme de modernité, soulignait alors Yannick Vicaire, responsable de la campagne Toxiques de Greenpeace France. Voilà qui montre que les actes valent mieux que les beaux discours”. À nouveau à la traine en 2007, Apple finissait par répliquer point par point aux accusations de l’ONG dans une missive de son PDG Steve Jobs. Ce qui n’empêchait pas Greenpeace de rester sur ses positions et de lancer sa campagne Greenmyapple sur le net.

Un jeu de ping pong qui aura finalement poussé Apple à peindre progressivement sa pomme en vert. Ce changement de politique se concrétisait début 2008 par l’arrivée du MacBook Air, premier portable de la marque sans traces de mercure ni d’arsenic. Résultat : Apple apparaît en cinquième position du classement de janvier 2010. La firme à la pomme a ainsi quasiment supprimé le PVC et le BFR de tous ses produits. Reste à Microsoft (avant dernier du classement avec 2,4/10) et Nintendo (dernier avec 1,4/10) à suivre l’exemple…


Le classement de janvier 2010

1) Nokia 7,5

2) Sony Ericsson 6,9

3) Toshiba 5,3

4) Philips 5,3

5) Apple 5,1

6) LG Electronics 5,1

7) Sony 5,1

8) Motorola 5,1

9) Samsung 5,1

10) Panasonic 4,9

11) HP 4,7

12) Acer 4,5

13) Sharp 4,5

14) Dell 3,9

15) Fujitsu 3,5

16) Lenovo 2,5

17) Microsoft 2,4

18) Nintendo 1,4

Année de la biodiversité : les requins et les espèces disparues s’exposent à Paris

Alors que l’UNESCO organise cette semaine à Paris plusieurs conférences dans le cadre de l’AIB (Année Internationale de la Biodiversité), certains musées de la capitale ont été mis à contribution afin de sensibiliser le grand public à cette thématique.

Photo : Tim Davenport / WCS

Photo : Tim Davenport / WCS

Dès le 27 janvier, le Cabinet d’histoire du Jardin des plantes présentera une exposition consacrée aux espèces disparues et menacées. Les représentations faites par les artistes naturalistes en leur temps sont aujourd’hui les seuls

témoins de leur existence. Et si l’on estime que seules 1,75 millions d’espèces ont été décrites sur un total estimé entre 10 et 30 millions, d’autres chiffres plus alarmistes mettent en évidence le danger qui pèse sur de nombreuses espèces. Selon le dernier rapport de l’Union Internationale pour Conservation de la Nature publié en novembre dernier, 17 291 espèces sont aujourd’hui menacées d’extinction. Parmi elles, les amphibiens représentent le groupe le plus en danger. Pris aib-expos2en exemple par les experts de l’UICN, le crapaud de jet de Kihansi (voir photo) est passé du statut de “En danger critique d’extinction” à “Éteint à l’état sauvage”. Une espèce localisée uniquement dans les chutes du Kihansi en Tanzanie, qui comptait autrefois une population d’au moins 17 000 membres. Mise en cause dans cette disparition, la construction d’un barrage en amont des chutes du Kihansi qui a dévié 90 % du débit original d’eau de la gorge.

À partir du 2 février prochain, l’Aquarium de la Porte Dorée ouvrira ses bacs à des raies du bassin amazonien, des requins chabot, des requins à pointe noire et des requins zèbre. Ces spécimens vivants de la même famille, celle des chondrichtyens (du grec khondros “cartilage” et ikhtus “poisson”) côtoieront des spécimens naturalisés et fossilisés (squelettes, dents, mâchoires) qui proviennent des collections de paléontologie du Muséum national d’Histoire naturelle. Des images du film Océans seront diffusées sur les 600 m2 de l’exposition qui retracera l’évolution de ces poissons, dont l’apparition sur Terre remonte à 400 millions d’années et dont la disparition est annoncée depuis 40 ans et les débuts de la pêche intensive.

 

Informations pratiques : 

“Espèces disparues ou menacées”- Cabinet d’histoire du Jardin des Plantes

57 rue Cuvier 75005 Paris

Du 27 janvier au 5 avril 2010

Tous les jours de 10 h à 17 h, sauf le mardi.
Tarif : 3 / 1 euros.

 

L’Aquarium de la Porte Dorée - 293 avenue Daumesnil 75012 Paris

Du 2 février au 6 mars 2011
Tous les jours du mardi au vendredi, de 10 h à 17 h 15. De 10 h à 19 h le weekend et les jours fériés.

Tarifs : 6,50/5 euros