Mot pour mot : écologie

Écologie politique ou politique écologique, voitures écologiques, agriculture écologique, habitat écologique, mode et décoration écologique… : le mot écologie  est aujourd’hui cuisiné à toutes les sauces. Qualifier un nouveau produit, un nouveau concept d’ « écolo » est devenu une manière incontournable de vendre et d’être dans l’air du temps. Tout devient écolo, bio et bon pour l ’environnement. On ne va pas s’en plaindre mais le terme est galvaudé et le sens strict du mot a évolué. La rubrique « Mot pour mot » s’attarde aujourd’hui sur cette notion aux contours flous. A l’origine, c’est quoi être écologique?

3d-2-rendu-1Actuellement, quand on dit écologie, on pense développement durable, protection de l’environnement et produits biologiques.  En bref, être écolo, c’est œuvrer pour le respect de l’environnement.

Or, l’étymologie du mot « écologie » nous propose une définition différente. Le mot écologie vient du grec « oikos » qui signifie maison et « logos », science. Il apparait donc que l’écologie est étymologiquement liée à l’habitat et à la maison, au 1er cercle de vie de l’humain.

Alors lorsque l’on nous parle de voiture écologique, ainsi qualifiée du fait de ses faibles émissions de CO2, le terme est clairement détourné de son sens propre. L’écologie, c’est d’abord  l’interaction entre un  individu et son milieu et non un adjectif qui pourrait donner bonne conscience car signifiant de façon sommaire “respectueux de l’environnement”. Suffit-il de quelques mesures tirant sur le vert pour être écolo?

Un autre mot, ô combien antonymique en pratique, comporte la même racine : économie. Économie vient de « oikos » signifiant maison  et « nomos », gérer, administrer.  Ce parallèle est-il une circonstancielle ironie lexicale? Cette racine commune ne nous dit-elle pas que les deux notions  sont étymologiquement liées et que pour préserver ce qu’il reste de ressources naturelles de notre « maison commune », la planète, il serait bon de faire de l’éco-nomie?

Nanotechnologies : la France investit

Après une évaluation des risques liés aux nanotechnologies dans l’industrie, le gouvernement a lancé en mai 2009, le plan Nano-Innov. Doté de 70 millions d’euros, il permettra la construction de centres d’intégration des nanotechnologies à Saclay, Grenoble et Toulouse, dans lesquels la recherche fondamentale travaillera avec les entreprises. Au niveau européen, les trois pôles s’intégreront notamment par l’intermédiaire de l’Institut européen de technologie (EIT), autour de grands thèmes comme la médecine, les transports, l’énergie, le climat et la complexité des technologies. Quand au débat public sur les nanotechnologies qui s’est achevé mardi 23 février, il aura tellement suscité les passions que les dernières réunions auront eu lieu sur Internet pour éviter les confrontations entre pro et anti-nanotechnologie comme l’explique le journal Les Echos.

Nanotechnologies : à quoi pourrait servir l’infiniment petit ? (2)

Suite et fin de notre tour d’horizon des perspectives ouvertes dans le domaine de la construction par les nanotechnologies.


La peinture solaire

peinture-solaire1Les nanotechnologies pourraient également être utilisées dans la conception des panneaux solaires. Ainsi, un panneau solaire classique est composé de nombreuses cellules photovoltaïques et le courant obtenu dépend de la taille de ce panneau et du nombre de cellules qu’il contient. Le concept de la peinture solaire consiste à intégrer des nanoparticules de semi-conducteurs à l’encre sur de longs rouleaux de papier d’aluminium, qui sont ensuite découpés en panneaux solaires. Ces panneaux solaires souples peuvent se dérouler sur les toits, s’intégrer dans les matériaux plastiques ou textiles, et sont à même de produire de l’électricité à un coût inférieur d’un tiers à celui d’un panneau classique. Ces nanoparticules peuvent même être intégrées directement dans une couche de peinture (voir photo). En plus d’être applicable sur n’importe quelle surface, ces nanoparticules solaires sont à même de produire de l’électricité à un coût inférieur d’un tiers à celui d’un panneau solaire classique. Les scientifiques cherchent maintenant à améliorer leur rendement.

L’électronique moléculaire

Un des grands défis de l’électronique est de remplacer le transistor classique par une molécule chimique ou biologique fonctionnant comme un interrupteur de courant électrique. La taille du transistor (le composant électronique actif fondamental en électronique) pourrait être divisée par mille, ce qui permettrait de fabriquer des ordinateurs beaucoup plus petits, plus rapides, moins chers et consommant beaucoup moins d’électricité.

Les nanomatériaux

Les alliages métalliques utilisés dans les matériaux de construction sont en général composés de grains de dimensions micrométriques. En diminuant la taille de ces grains à une centaine de nanomètres, on obtient des matériaux qui sont plus légers et qui ont de meilleures propriétés mécaniques. Les nanograins sont plus résistants car ils n’ont pas les défauts présents dans les grains des matériaux traditionnels. Le cuivre nanocristallin est ainsi trois fois plus résistant que le cuivre classique. Ils sont en outre plus malléables : en effet, quand on déforme le métal, les nanograins glissent plus facilement les uns par rapport aux autres. Les matières plastiques, à base de polymères, deviennent elles aussi plus résistantes et cessent d’être inflammables quand on leur incorpore des nanoparticules. Ces propriétés de résistance mécanique des nanomatériaux pourraient être exploitées dans des secteurs aussi divers que les matériaux de construction pour le bâtiment, les appareils électroménagers et les appareils médicaux.


Pour en savoir plus :

Le site du débat public sur les nanotechnologies

http://www.debatpublic-nano.org/index.html

Vidéo “Nano : the next Dimension”

La Commission Européenne et les nanotechnologies

http://cordis.europa.eu/nanotechnology/

L’actualité du secteur des nanotechnologies aux Etats-Unis

http://www.nano.gov/

Nanotechnologies : à quoi pourrait servir l’infiniment petit ? (1)

En février 2009, huit ministères ont lancé un débat public sur « les options générales en matière de développement et de régulation des nanotechnologies ». Alors que celui s’est achevé mardi 23 février par une réunion de clôture, zoom sur les incroyables perspectives de cette technologie de l’infiniment petit.


microscope-wake-forest1Bienvenue dans le monde l’infiniment petit. Equivalant à un milliardième de mètre, soit 0,000 000 001 mètre, le nanomètre est la plus petite unité de mesure utilisée par l’homme pour développer des technologies (le préfixe “nano” vient du grec et signifie “très petit”). 500 000 fois plus fin que l’épaisseur du trait de stylo à bille, 30 000 fois plus fin que l’épaisseur d’un cheveu, le nanomètre équivaut à la dimension d’une molécule (voir la photo si contre du microscope du Centre de nanotechnologies et de matériaux moléculaires de l’Université de Wake Forest). Déjà utilisées dans plusieurs secteurs industriels les technologies de l’infiniment petit représentent aujourd’hui un marché mondial de l’ordre de plusieurs centaines de milliards d’euros. Et en matière d’énergie et de matériaux notamment, les nanotechnologies pourraient faire des merveilles. Exemples.

Le nanotube : 100 fois plus solide que l’acier

nanotube1Le nanotube (voir image ci-contre) est un feuillet de graphite formé d’atomes de carbone disposés en réseau hexagonal, comme un nid d’abeilles, et enroulé sur lui-même comme un cigare. Son diamètre est de l’ordre du nanomètre, sa longueur peut atteindre plusieurs micromètres. Or, c’est grâce à cette structure très simple et très stable que le nanotube a des propriétés mécaniques et électriques impressionnantes. Ainsi, il est 100 fois plus résistant et 6 fois plus léger que l’acier. Il peut donc être utilisé pour fabriquer des matériaux composites de haute performance et il est déjà employé pour renforcer certains clubs de golf et raquettes de tennis, remplaçant peu à peu les traditionnelles “fibres de carbone”.

Des revêtements nanomodifiés autonettoyants

nanocristaux1Ce sont des revêtements inspirés du monde végétal, en particulier du comportement des feuilles de lotus qui ne se mouillent pas et qui restent propres même dans un environnement boueux. Concrètement, la surface de la feuille de lotus est recouverte par des nanocristaux de cire qui forment un réseau de minuscules piliers semblable à une planche cloutée (voir photo). Les gouttes d’eau ne peuvent pas mouiller cette surface et restent sphériques sans s’étaler car elles sont soutenues par les piliers. Mieux, la goutte d’eau nettoie la surface car elle emporte les impuretés. Fabriquées par biomimétisme, c’est-à-dire en imitant la nature, de telles surfaces artificielles à l’aide de nanomatériaux pourraient trouver des applications dans de nombreux domaines : vitres antisalissure pour fenêtres et automobiles, peintures faciles à lessiver, tuiles autonettoyantes, revêtements antibactériens pour la cuisine et les sanitaires…


Pour en savoir plus :

Le site du débat public sur les nanotechnologies

http://www.debatpublic-nano.org/index.html

Vidéo “Nano : the next Dimension”

La Commission Européenne et les nanotechnologies

http://cordis.europa.eu/nanotechnology/

L’actualité du secteur des nanotechnologies aux Etats-Unis

http://www.nano.gov/

L’info de la semaine : la nouvelle donne photovoltaïque

Une fièvre spéculative se serait emparée de l’énergie solaire au cours des derniers mois de l’année 2009. Réaction du gouvernement : conditionner les tarifs de rachat à la taille et la nature des installations.


bâtiment solaire à Fribourg en BrisgauSeptembre 2009. Le gouvernement annonce que les très avantageux tarifs d’achat de l’électricité d’origine solaire seront bientôt révisés à la baisse. Résultat : une flambée de demandes de contrats d’achat (on serait passé de 5000 par mois à 3000 par jour fin 2009) qui a eu tout l’air d’une bulle spéculative. Or, c’est le contribuable qui finance le rachat de l’électricité photovoltaïque par le biais de la CSPE. Selon l’Etat, il aurait donc fallu augmenter de 10% la facture d’électricité des Français pour financer une telle flambée.

D’où l’arrêté émis le 12 janvier dernier par le Ministère de l’Ecologie. Y sont précisées les nouvelles modalités d’achat par le réseau de l’électricité photovoltaïque. Pour les installations « intégrées au bâti », le tarif d’achat varie entre 50 et 58 c€ par KWh. Pour une installation d’une puissance supérieure à 250 kWc, le tarif sera désormais de 31,4 c€/kWh pour les régions les plus ensoleillées, et de 37,7 c€/kWh pour celles qui le sont moins.

Le 17 février dernier, un communiqué de presse du ministère de l’écologie précisait les conditions d’attribution des tarifs d’achat. Pour bénéficier des anciens tarifs, il faudra désormais :

-         avoir établi une demande de contrat d’achat avant le 1er novembre 2009

-         avoir déposé une demande de contrat d’achat avant le 11 janvier 2010 pour une installation d’une puissance inférieure à 36 kWc (soit 360 m2 de panneaux)

-         pour les installations d’une puissance comprise entre 36 et 250 kWc (soit 2.500 m2 de panneaux), avoir déposé une demande de contrat d’achat et un dossier complet de raccordement avant le 11 janvier 2010, ou être un exploitant agricole remplissant certaines conditions.

Le communiqué précisait également que « le bénéfice des tarifs d’intégration au bâti (58 ou 50 c€/kWh) sera[ait] désormais limité aux seules installations de puissance inférieure à 250 kWc. » Une façon d’éviter que voient le jour des bâtiments fantoches, sans autre usage que la production d’électricité à des tarifs très attractifs…

Mot pour mot : Green business

Que signifient au juste les mots que nous employons quotidiennement ? Débusquer leurs sens latents est tout l’enjeu de notre rubrique « mot pour mot ». Cette semaine, une expression qui fleure bon l’oxymore : « Green business ».


mr-burnsEn rhétorique, on appelle oxymore la réunion, au sein d’une même expression, de deux mots de sens contraire. Prenez « Green business ». L’anglicisme associe deux réalités a priori incompatibles : comme chacun sait, « les affaires sont les affaires » et s’accommodent mal de ce qui pourrait se traduire à terme par « surcoût », « contraintes réglementaires » ou tout autre fléau du même genre. La très tardive prise en compte de l’environnement par le monde de l’entreprise ne s’explique pas autrement : le business n’a que faire de mesures de protection de la nature qui limitent de facto son activité.

Sauf que. Depuis quelques années, le monde de l’entreprise est passé au vert. Et pour cause : l’inquiétude suscitée par l’épuisement annoncé des ressources naturelles et le changement climatique génère un marché de plus en plus vaste. Nombre de sociétés, petites ou grandes, ont saisi tout le potentiel de cette aspiration grandissante des consommateurs au changement. De bilans carbones en certifications Iso, le monde professionnel travaille désormais à réduire son impact sur l’environnement. Et communique très largement sur le sujet, avec les conséquences que l’on sait : en matière de « green business », les produits et services les plus innovants côtoient le greenwashing le plus éhonté.

Surtout, l’avènement de l’écologie de marché a consacré l’inflation de l’oxymore dans le discours public. « Développement durable », « agriculture raisonnée », « flexisécurité » en sont autant d’exemples. Selon Bertrand Meheust*, ces « figures de la conciliation impossible » sont le versant discursif de ce que des psychologues américains ont appelé le double bind : des injonctions contradictoires. En désorientant chacun, elles permettent à notre système de production et de consommation de se perpétuer comme si de rien n’était : « nous savons désormais que la biosphère (…) est une pellicule fine et fragile (…) et que cette fragile biosphère ne pourra longtemps encore supporter une croissance continue sans s’effondrer, explique ainsi Meheust dans La Politique de l’oxymore. C’est cette contradiction fondamentale qui sous-tend toutes les autres. C’est pour masquer cette vérité incontournable que notre société multiplie les oxymores. »

*Auteur de La Politique de l’oxymore, Editions La Découverte, Paris, 2009

L’info de la semaine : Vancouver bientôt championne du monde ?

On nous l’assure : les JO qui viennent de commencer à Vancouver (Canada) sont résolument durables. Rien d’étonnant à cela, quand on sait que la capitale de la Colombie britannique brigue pour 2020 le titre de “ville la plus verte du monde”. Explications.


L'éolienne installée au sommet des pistes de ski par Sigma, société iséroise

L'éolienne installée au sommet des pistes de ski par Sigma, société iséroise

Chaque année, rebelote: Vancouver, capitale de la Colombie britannique et 3e ville du Canada avec 2,3 millions d’habitants, arrive dans le peloton de tête des villes où il fait bon vivre. Un rang qu’elle doit aussi bien à sa situation géographique entre mer et montagne qu’à son système de santé et ses infrastructures. Espaces verts nombreux, offre sportive, éducative et culturelle de qualité, réseau de transports en commun parmi les plus performants au monde : avec de tels atouts, on comprend que Vancouver ait été désignée par le comité olympique pour accueillir les jeux d’hiver cette année.

Objectif : devenir la ville la plus verte du monde en 2020

Et ce n’est pas tout. Championne en matière de développement durable, la ville pourrait aussi glaner un autre titre d’ici 2020 : celui de ville la plus verte du monde. C’est en tout cas l’ambition affichée par le programme « Greenest city » mis en œuvre par la municipalité début 2009.

Pour atteindre cet objectif, l’équipe municipale se mobilise sur trois fronts :

-       Economie : en promouvant les technologies propres, la ville veut créer 20 000 emplois verts d’ici 2020, et réduire de 33 % les émissions de GES de la ville par rapport au niveau de 2007. Par ailleurs, Vancouver veut faire en sorte que toutes les constructions neuves y soient neutres en carbone, et souhaite améliorer de 20% les performances énergétiques du bâti.

-       Vie sociale : si les habitants de Vancouver sont déjà de fervents pratiquants de la marche, la ville entend promouvoir la mobilité durable. Objectif : faire en sorte que 50% des déplacements se fassent à pied, en vélo ou en transports publics. Par ailleurs, elle souhaite réduire de 40% le volume par habitant de déchets ménagers, et d’un tiers l’empreinte écologique per capita.

-       Santé : les objectifs affichés sont de réduire d’un tiers la consommation d’eau par habitant mais aussi l’empreinte écologique per capita pour l’alimentation.

Le bâtiment, secteur clé du programme “Greenest city”

Aussi ambitieux soient-ils, les objectifs de « Greenest city » n’ont rien d’inaccessible pour une ville où l’empreinte écologique per capita est déjà la plus basse de toute l’Amérique du Nord. Ainsi, dans le domaine du bâtiment, Vancouver mène déjà une politique volontariste, qui a notamment permis de contenir l’étalement urbain grâce à la densification du centre-ville : « Si vous augmentez de façon significative la densité de population dans les villes, toutes les données relatives à l’environnement sont meilleures, explique ainsi Sam Sullivan, ancien maire de la ville. Réduction de la consommation d’eau, d’énergie et de matériaux, amélioration des déchets et de la lutte contre la pollution. C’est ce que nous appelons l’éco-densité. »

Autre mesure phare en matière de construction durable : la labellisation de tous les bâtiments neufs. Depuis 4 ans, la municipalité exige pour toutes les constructions privées qu’elles aient la certification LEED Silver. Une exigence qui pourrait être revue à la hausse cette année : dans le cadre de « Greenest city », la ville envisage en effet de requérir désormais le label LEED Gold.

Avec un tel volontarisme, nul doute que Vancouver n’atteigne ses objectifs. « Nous serons la ville la plus verte du monde en 2020 », claironne déjà le maire Gregor Robertson.

Pour en savoir plus :

La présentation en PDF du programme Greenest city

Une présentation vidéo de la ville sur www.le-developpement-durable.tv

La Maison de l’architecture se fait le Kama Sutra

Kama Sutra, voilà un nom bien surprenant pour parler d’architecture. Et pourtant, c’est celui qu’ont choisi les commissaires de l’exposition qui se déroule à la Maison de l’architecture en Ile de France à Paris du 10 février au 5 mars 2010.


Autour d’une cinquantaine de projets français et européens, l’ambition est de montrer des positions nouvelles voire décomplexées dans des projets de réhabilitation de bâtiments.  La rencontre du contemporain et du patrimoine s’affiche comme le fil rouge de cette manifestation.

Résidence Gemini Copenhague - MVRDV

Résidence Gemini Copenhague - MVRDV

On constate quelques grandes lignes directrices : l’extension verticale du bâti, le nouvel habillage des façades, la réhabilitation de tours ou encore l’intervention sur des anciens bâtiments industriels. Cette manifestation est l’occasion de (re)découvrir l’approche d’architectes aux choix divers: le travail d’Édouard François pour l’hôtel du Fouquet’s à Paris, le design étonnant de la Cité de la mode et du design vue par le duo Jacob et MacFarlane, le style audacieux des néerlandais MVRDV avec la résidence Gemini à Copenhague ou le Didden Village à Rotterdam.

Par la recherche de la continuité entre l’ancien et le nouveau, ces différents projets illustrent, chacun à leur manière, un certain renouveau architectural en travaillant sur la notion de recyclage du bâti. (Voir interview)

Cité de la mode et du design Paris - Jacob & MacFarlane

Cité de la mode et du design Paris - Jacob & MacFarlane

Hôtel Fouquet's Paris - Édouard François

Hôtel Fouquet's Paris - Édouard François

Infos pratiques

KAMA SUTRA

exposition en accès libre et gratuit

du 10 février au 5 mars 2010 du lundi au samedi de 10 h à 19 h

Maison de l’architecture en Île-de-France 148, Fbg St-Martin, 75010 Paris - Métro Gare de l’Est

T. 01 42 09 31 81 - www.maisonarchitecture-idf.org

Gaëlle Hamonic et Philippe Croisier : l’interview Kama Sutra

Philippe Croisier et Gaëlle Hamonic, deux des cinq commissaires de l’exposition KamaSutra à la Maison de l’architecture (Paris), nous en disent plus sur l’événement.


hamonic_croisier111/ Pourquoi avoir intitulé cette exposition « Kama Sutra »?

G.H. : Il s’agissait de souligner la relation très forte qui existe entre l’architecte et la réhabilitation sur le patrimoine. Après avoir évoqué différentes pistes, nous en sommes arrivés à l’idée de Kama Sutra car elle est synonyme de plaisir et de partage. L’aspect « multi-positions » reflète toutes les façons et les approches qu’on peut trouver. Le kama Sutra porte cette notion de plaisir et de positions incongrues.

2/ Dans quelle mesure ces différents projets incarnent-ils un certain « renouveau » architectural?

G.H. : Nous avons sélectionné des projets qui avaient travaillé sur le rapport entre le patrimoine et l’architecture contemporaine.  On est ici dans une approche du « recyclage » du bâtiment, de l’hybridation entre le passé et le futur. Ces projets montrent une sorte de 3ème voie qui seraient comme le collage successif de plusieurs époques.

3/ Qu’apportent ces réalisations au débat sur la ville durable, la ville de demain?

Le premier des critères environnementaux, c’est de ne pas mettre à la poubelle, de ne pas jeter l’emballage. Si on parle de « ville durable », on pense matériaux et économies d’énergie mais quand un bâtiment est démoli, cela entraine des tonnes de gravas et beaucoup de ressources et d’énergies utilisées. De réfléchir à comment on transforme les bâtiments est une contribution au débat sur la ville durable en faisant le pari que l’on ne ne démolira plus demain comme hier.

Propos recueillis par Déborah Antoinat

Le buzz de la semaine : Quel avenir pour les thons ?

La pêche au thon rouge sera-t-elle bientôt interdite ? La question est dans tous les journaux cette semaine, après que la CITES s’est déclarée favorable à une telle mesure vendredi dernier. Explications.

ouverture-de-la-saison-de-peche-au-thon-rouge-2009-disparition-definitif-du-stock-annoncee-pour-2012_reference« Nous recommandons que les parties approuvent la proposition faite par Monaco », affirmait vendredi David Morgan, le responsable de l’unité scientifique de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), lors d’une conférence de presse à Genève.

Pour mettre fin à des décennies de pêche industrielle, Monaco a en effet réclamé l’automne dernier que le prédateur soit inscrit à l’annexe 1 de la CITES, qui en proscrit le commerce international. La semaine dernière, la France s’alignait sur la position monégasque, tout en réclamant un délai de 18 mois pour l’entrée en vigueur de l’interdiction, au grand dam de Greenpeace.

Verdict le 25 mars prochain à Doha (Quatar), où doit se tenir une réunion des 175 états membres de la CITES. Ce rendez-vous pourrait être crucial pour l’avenir du thon rouge, dont les stocks se sont effondrés de 80% depuis le 19e siècle.