Petit guide à l’usage du technophile responsable

Depuis août 2006, Greenpeace publie le “Guide pour une hi-tech responsable” qui classe les entreprises en fonction de leur “performance écologique”. Pour cette 14e édition, Nokia reste en tête, Apple poursuit sa remonté et Microsoft évite de peu la dernière place.


classement-electronique-vert-3Elles étaient 14 en août 2006, elles sont désormais 18 en janvier 2010. Tout les trois mois depuis quatre ans, Greenpeace établit un classement des plus importants producteurs de téléphones mobiles et d’ordinateurs en fonction de l’emploi de substances chimiques dangereuses et de leurs pratiques de recyclage des déchets électroniques. Si en 2006, aucune des 14 sociétés référencées par l’ONG ne pouvait se targuer d’être une entreprise “verte”, il en va de même quatre ans et 13 rapports plus tard. Reste que nombre d’entre elles ont amélioré leur note de départ. Ainsi, la moyenne est passée de 4 en 2006 à 4,6 en 2010. Mais si l’évolution reste limitée, le classement aura eu le mérite d’amener un peu de transparence là ou la communication prend bien souvent le pas sur les faits réels.

En tête du premier guide publié en 2006, Nokia maintient la cadence et conforte sa première place avec une moyenne de 7,3/10. Greenpeace souligne notamment l’attention apportée par la firme à son programme de collecte des appareils usagés, notamment en Inde. Et si la société finlandaise fait moins bien que lors du dernier classement paru en septembre dernier où elle avait obtenu 7,5/10 (Greenpeace pointe du doigt sa politique énergétique), elle limite largement les dégâts par rapport à Dell. Le constructeur d’ordinateurs était en effet le co-leader du classement il y a quatre ans, et se retrouve en quatorzième position en 2010 (3,9/10). Pire, il écope même pour cette édition d’un point de pénalité pour n’avoir pas tenu son engagement d’éliminer le PVC et BFR (retardateurs de flamme bromés). Des substances toxiques que l’ONG appelle à totalement supprimer des ordinateurs.

Apple / Greenpeace : je t’aime, moi non plus

Mauvais élève en août 2006 (2,7/10), Apple échouait même à la dernière place du classement en décembre 2006. “Quel paradoxe de voir une entreprise chinoise récente comme Lenovo prendre la tête de ce classement, tout en bas duquel stagne la marque américaine mythique Apple synonyme de modernité, soulignait alors Yannick Vicaire, responsable de la campagne Toxiques de Greenpeace France. Voilà qui montre que les actes valent mieux que les beaux discours”. À nouveau à la traine en 2007, Apple finissait par répliquer point par point aux accusations de l’ONG dans une missive de son PDG Steve Jobs. Ce qui n’empêchait pas Greenpeace de rester sur ses positions et de lancer sa campagne Greenmyapple sur le net.

Un jeu de ping pong qui aura finalement poussé Apple à peindre progressivement sa pomme en vert. Ce changement de politique se concrétisait début 2008 par l’arrivée du MacBook Air, premier portable de la marque sans traces de mercure ni d’arsenic. Résultat : Apple apparaît en cinquième position du classement de janvier 2010. La firme à la pomme a ainsi quasiment supprimé le PVC et le BFR de tous ses produits. Reste à Microsoft (avant dernier du classement avec 2,4/10) et Nintendo (dernier avec 1,4/10) à suivre l’exemple…


Le classement de janvier 2010

1) Nokia 7,5

2) Sony Ericsson 6,9

3) Toshiba 5,3

4) Philips 5,3

5) Apple 5,1

6) LG Electronics 5,1

7) Sony 5,1

8) Motorola 5,1

9) Samsung 5,1

10) Panasonic 4,9

11) HP 4,7

12) Acer 4,5

13) Sharp 4,5

14) Dell 3,9

15) Fujitsu 3,5

16) Lenovo 2,5

17) Microsoft 2,4

18) Nintendo 1,4

Année de la biodiversité : les requins et les espèces disparues s’exposent à Paris

Alors que l’UNESCO organise cette semaine à Paris plusieurs conférences dans le cadre de l’AIB (Année Internationale de la Biodiversité), certains musées de la capitale ont été mis à contribution afin de sensibiliser le grand public à cette thématique.

Photo : Tim Davenport / WCS

Photo : Tim Davenport / WCS

Dès le 27 janvier, le Cabinet d’histoire du Jardin des plantes présentera une exposition consacrée aux espèces disparues et menacées. Les représentations faites par les artistes naturalistes en leur temps sont aujourd’hui les seuls

témoins de leur existence. Et si l’on estime que seules 1,75 millions d’espèces ont été décrites sur un total estimé entre 10 et 30 millions, d’autres chiffres plus alarmistes mettent en évidence le danger qui pèse sur de nombreuses espèces. Selon le dernier rapport de l’Union Internationale pour Conservation de la Nature publié en novembre dernier, 17 291 espèces sont aujourd’hui menacées d’extinction. Parmi elles, les amphibiens représentent le groupe le plus en danger. Pris aib-expos2en exemple par les experts de l’UICN, le crapaud de jet de Kihansi (voir photo) est passé du statut de “En danger critique d’extinction” à “Éteint à l’état sauvage”. Une espèce localisée uniquement dans les chutes du Kihansi en Tanzanie, qui comptait autrefois une population d’au moins 17 000 membres. Mise en cause dans cette disparition, la construction d’un barrage en amont des chutes du Kihansi qui a dévié 90 % du débit original d’eau de la gorge.

À partir du 2 février prochain, l’Aquarium de la Porte Dorée ouvrira ses bacs à des raies du bassin amazonien, des requins chabot, des requins à pointe noire et des requins zèbre. Ces spécimens vivants de la même famille, celle des chondrichtyens (du grec khondros “cartilage” et ikhtus “poisson”) côtoieront des spécimens naturalisés et fossilisés (squelettes, dents, mâchoires) qui proviennent des collections de paléontologie du Muséum national d’Histoire naturelle. Des images du film Océans seront diffusées sur les 600 m2 de l’exposition qui retracera l’évolution de ces poissons, dont l’apparition sur Terre remonte à 400 millions d’années et dont la disparition est annoncée depuis 40 ans et les débuts de la pêche intensive.

 

Informations pratiques : 

“Espèces disparues ou menacées”- Cabinet d’histoire du Jardin des Plantes

57 rue Cuvier 75005 Paris

Du 27 janvier au 5 avril 2010

Tous les jours de 10 h à 17 h, sauf le mardi.
Tarif : 3 / 1 euros.

 

L’Aquarium de la Porte Dorée - 293 avenue Daumesnil 75012 Paris

Du 2 février au 6 mars 2011
Tous les jours du mardi au vendredi, de 10 h à 17 h 15. De 10 h à 19 h le weekend et les jours fériés.

Tarifs : 6,50/5 euros

Buzz de la semaine : petite leçon de greenwashing décomplexé

On connaissait la propension des constructeurs automobiles à enrober de vert leurs publicités, fut-ce pour les véhicules les plus polluants. Avec sa dernière campagne pour la Passat TDI Bluemotion, Volkswagen prend à contre-pied l’argument écolo habituel, inaugurant ce qu’on pourrait appeler un “greenwashing décomplexé”. Démonstration.

 

Il y a quelques semaines, les téléspectateurs découvraient la nouvelle publicité pour la Passat TDI de Volkswagen :

Autant le dire tout de suite : ce spot est d’une redoutable efficacité. Et c’est bien le problème. Car si tous les ingrédients d’une bonne pub sont là, à commencer par l’humour, l’argumentation déployée par Volkswagen discrédite toute initiative ambitieuse visant à réduire nos émissions de CO2. 

Jusqu’alors, le greenwashing automobile consistait à décliner les vertus écologiques de telle ou telle voiture. Le plus souvent, une berline glissait dans la campagne, ravivant au passage plantes et animaux d’une douce exhalaison de CO2. D’autres s’essayaient à réciter une profession de foi verte - voir la dernière campagne de Renault. Quelle que soit leur forme, toutes ces pubs disaient peu ou prou : “Nous, constructeurs automobiles, faisons des efforts réels pour rejeter moins de CO2 dans l’atmosphère. Tellement d’efforts, d’ailleurs, qu’on peut en tirer la conclusion suivante : nos voitures sont bonnes pour l’environnement.” Derrière cet argumentaire, un même présupposé : les émissions de CO2 sont préjudiciables à l’environnement, et chacun doit s’efforcer d’en réduire le volume. 

Or, sous couvert d’humour et de décontraction, la dernière pub de Volkswagen dit bien autre chose.  En l’occurence, qu’ “on ne peut pas vivre sans CO2″. D’où le ridicule des militants écolos caricaturés dans cette parodie de reportage TV : non seulement leurs efforts anéantissent tout ce que l’homme a conquis de confort et d’hygiène au cours des derniers siècles (exit le papier toilettes, le courrier et même le feu : les écolos sont condamnés à vivre dans la boue et le froid), mais ils reposent sur une totale méconnaissance du vivant. En effet, chacun sait que l’homme rejette du CO2 en respirant. Conclusion : il est naturel de rejeter du CO2, et ceux qui nient pareille évidence (voir l’ersatz d’homme préhistorique interviewé à la fin du spot) sont de dangereux intégristes à ne surtout pas écouter. Parce que “les écolos, hein, si on les écoutait, il faudrait revenir à la bougie”…

Dans ces conditions, l’effort modeste proposé par Volkswagen à la fin du spot (”rejeter un peu moins” de CO2) apparaît comme amplement suffisant. C’est bien le tour de force de la pub : montrer qu’en faire plus, ce serait risquer de basculer dans la catégorie des post babas perchés. La Passat Bluemotion peut désormais rouler en toute sérénité sur une route de campagne : il n’y a plus à se justifier, ces abrutis d’écolos sont loin, bien loin derrière…

Les bâtiments verts améliorent la productivité des salariés

D’après une étude menée par des chercheurs de l’Université de San Diego, les bâtiments performants sur le plan énergétique et environnemental favoriseraient la productivité de leurs salariés.

 

etude_batiments_verts_3« Construire plus vert pour gagner plus ». C’est en quelque sorte la conclusion à laquelle sont parvenus des  chercheurs de l’université de San Diego en Californie après une étude menée sur l’impact des bâtiments verts sur les salariés. D’après leurs conclusions, le nombre de jours d’arrêt maladie serait moins important dans les entreprises disposants de locaux respectueux de l’environnement et performants sur le plan énergétique. Ainsi, 45 % des sociétés installées dans ce type d’infrastructure observent cette tendance (2,88 jours d’arrêt maladie en moins que la moyenne). Résultat : elles voient leur productivité augmenter de 4,88 %.

Les 534 sociétés interrogées pour l’occasion sont toutes installés dans des bâtiments respectant les normes LEED (Leadership in Energy and Environmental Design est une norme internationale évaluée en fonction de cinq critères : l’aménagement écologique des sites, la gestion efficace de l’eau, l’énergie et l’atmosphère, les matériaux et ressources et la qualité des environnements intérieurs) ou le label Energy Star (décerné aux bâtiments dont l’efficacité répond aux recommandations du protocole de Kyoto).

Pour expliquer ces résultats, les chercheurs mettent en avant la lumière naturelle et la meilleure qualité de l’air par la performance de la ventilation. Reste à mesurer l’influence des constructions à énergie positive dans le secteur résidentiel sur le moral des ménages.

Année de la biodiversité : quand les marques sauvent leur logo

Alors que 2010 marquera l’année de la biodiversité, l’opération Save Your Logo encourage depuis octobre 2008 les marques à s’engager pour la protection de leur logo. En clair, le crocodile n’a plus d’inquiétude à se faire, Lacoste s’occupe de sa protection.

save_your_logoLe 13 décembre dernier, si l’Olympique Lyonnais n’avait pas réussi à rugir contre son adversaire du jour (défaite 1 à 0 contre Bordeaux), le club rhodanien pouvait pourtant s’enorgueillir d’une action très “green”, à quelques jours de l’ouverture du sommet climatique international de Copenhague. Exceptionnellement, les joueurs revêtaient en effet sur leur maillot les couleurs de Save Your Logo. Une opération qui a pour but d’impliquer les entreprises, institutions et grands clubs de sport dont le logo comporte un symbole de la biodiversité (animal ou végétal) dans la préservation de l’espèce qui a tant contribué à leur succès en leur proposant de soutenir une action de conservation de la biodiversité. Mais s’il ne s’agissait pour l’Olympique Lyonnais que d’une opération ponctuelle (son partenaire maillot “Betlic” étant illégal en France jusqu’au 1er janvier 2010), plusieurs marques se sont déjà engagées sur le long terme dans cette opération de protection de la biodiversité.

 

 

C’est en octobre 2008, que le Fonds Mondial pour l’Environnement lance la campagne Save Your Logo. A cette occasion, de grandes entreprises sont invitées à donner des fonds pour sauvegarder l’animal totem qui leur a donné leur identité visuelle. L’idée est alors de demander à chaque entreprise qui accepte de participer, une contribution de 500 000 euros (1,5million d’euros sur trois ans) dans le but d’enrayer le déclin de ces espèces. Lacoste, la marque au crocodile, a ainsi été la première à s’engager. Elle a précisé qu’elle soutiendrait des projets pour la protection de certaines espèces de crocodiles ou d’alligators menacées d’extinction.

 

Avantages fiscaux et meilleure image

De son côté, la MAAF, dont le logo représente un dauphin, a annoncé à son tour sa participation au programme en mars 2009. L’assurance, qui n’hésite pas à communiquer sur le sujet dans ses campagnes de publicité s’est engagée à apporter son soutien à des projets visant la préservation de la biodiversité et des espèces. « Les fonds récoltés serviront notamment à financer des programmes de sauvegarde de certaines familles de dauphins particulièrement menacées, comme les dauphins d’eau douce » explique-t-on au siège de l’assurance. Enfin, la station de Val d’Isère, qui a choisi l’aigle comme emblème, s’est également engagée l’année dernière.

Pour encourager de nouvelles marques à se lancer dans la protection de leur logo, le programme indique que les entreprises peuvent bénéficier d’une réduction de l’impôt sur les sociétés à hauteur de 60% du don dans la limite de 0,5% du chiffre d’affaires annuel. Par ailleurs, La banque Mondiale et l’UICN (Union Internationale pour la conservation de la nature) sont également associées au projet. Ainsi, 5 millions de dollars de fonds publics seront investis dans l’opération dans le but de servir de levier financier pour engager des actions de conservation de plus grande envergure. Reste que de nombreux candidats potentiels n’ont pas encore déclaré leur intérêt. On pense notamment aux marques Puma, Peugeot, au chocolat Côte-d’or avec l’éléphant, MSN avec le papillon ou Nestlé avec les oiseaux. Selon la liste rouge de l’UICN, au moins un oiseau sur huit, un mammifère sur quatre et un amphibien sur trois sont menacés…

 

Année de la biodiversité. Les rendez-vous à ne pas manquer en 2010 :

21-22/01 : Inauguration par l’UNESCO à Paris d’une nouvelle exposition sur la biodiversité.
02/02 : Journée mondiale des zones humides
21/03 : Journée internationale des forêts
22/03 : Journée mondiale de l’eau
01-07/04 : Semaine du Développement Durable
19-23/05 : Fête de la nature
22/05 : Journée Mondiale de la Biodiversité
05/06 : Journée mondiale de l’environnement
04-08/06 : Les Journées de la Mer
08/06 : Journée mondiale des océans
16-22/09 : Semaine de la Mobilité et de la Sécurité Routière
18-29/10 : 10ème Conférence des signataires de la Convention sur la diversité biologique (CDB ) à Nagoya (Japon)

L’info de la semaine : la déforestation, l’autre fléau haïtien

L’événement qui a dominé la semaine passée, c’est bien sûr le séisme en Haïti. Par l’ampleur des dégâts causés, la catastrophe a brutalement révélé quelques-uns des maux dont souffre l’île : pauvreté, faiblesse des institutions, violence… S’il n’était question que de secousses sismiques, on pourrait d’ailleurs allonger la liste des fléaux. Car avant la catastrophe, cette “terre maudite” était déjà cernée par un autre désastre, écologique cette fois : la déforestation… 

 

haiti-deforestation-1La frontière entre Haïti et la République dominicaine offre un curieux spectacle. A l’est, des forêts abondantes. De l’autre côté de la ligne de partage, une terre désolée et inculte. Cette différence visible tient en un mot : déforestation. En effet, si l’on estime que la forêt couvrait encore 63% de la surface d’Haïti en 1923, elle n’occuperait plus aujourd’hui que 3% du territoire.

Les causes de ce désastre écologique sont multiples. On cite d’abord Hazel : en 1954, ce violent cyclone couchait nombre d’arbres, et ouvrait la voie aux compagnies forestières. L’embargo international qui a frappé l’île de 1991 à 1994 et la pauvreté ont fait le reste. Privés de pétrole, les Haïtiens ont alors exploité massivement la forêt pour le chauffage et la cuisson des aliments. Incapable de réguler ces coupes massives, le gouvernement a laissé faire. Jusqu’à l’épuisement quasi total des réserves forestières.

Les conséquences de la déforestation n’ont guère tardé  à se manifester, parfois de façon spectaculaire. Ainsi, en 2004, des pluies torrentielles tombées sur la terre érodée entraînaient des coulées de boue, et tuaient plus de 1500 personnes dans les Gonaïves. “Dans un pays déboisé, la végétation ne retient pas l’eau, expliquait Randolf Gilbert, un expert des Nations Unies, à la suite de la castrophe. La couche de terre arable est emportée par les eaux. C’est particulièrement le cas en Haïti, notamment à cause de l’agriculture sur brûlis.”

Pour endiguer le fléau, de nombreux programmes de reforestation ont été mis en oeuvre ces dernières années. Ainsi, en juin 2009, le congrès américain étudiait les moyens d’aider le gouvernement haïtien à reboiser l’île. On peut craindre que le séisme de la semaine dernière ne marque un coup d’arrêt à ces initiatives. Et que la situation d’urgence et d’extrême pauvreté dans laquelle se trouvent les Haïtiens n’achève de détruire la forêt. 

 

En 2009, le

Mot pour mot : “sauver la planète”

Les mots sont comme les rêves : à leur sens manifeste, se superpose un (ou des) sens latent(s). Pour mieux déplier l’actualité à partir de son lexique et ses tics de langage, les Ecofaubourgs vous proposent une nouvelle rubrique : mot pour mot. Cette semaine, on décortique une expression qui en dit long sur notre mégalomanie : « sauver la planète. »

 

article_supermanSi le vingtième siècle n’a pas inventé le héros, il lui revient d’avoir donné à ce dernier un supplément d’âme et de pouvoir, en le parant du titre (au fond pléonastique) de super-héros. Entre comics et cinéma, la culture populaire foisonne désormais de ces personnages surpuissants dont la motivation semble immuable : sauver le monde des forces du mal et (ce qui revient au même) faire triompher le bien. Le tout, avec ou sans (mais plus généralement avec) collants lycra.

Or voici que depuis que années, les super-héros se voient disputer leur mission salvatrice par le tout-venant. L’avènement du développement durable a effet coïncidé avec l’apparition dans le discours médiatique d’un pensum typiquement surhumain : « sauver la planète ».   

Que signifie l’expression, sinon que l’homme, non seulement « maître et possesseur de la nature », a désormais pouvoir de vie ou de mort sur la Terre. Certes, le mot « planète » est à prendre ici en un sens métonymique, et désigne en fait l’ensemble des organismes qui la peuplent : abeilles, pachydermes, liserons, récifs coraliens et bien sûr, hommes.

Il n’empêche : de même que les activités humaines sont désignées comme uniques responsables du changement climatique en cours, de même il appartiendrait à chacun, dans sa vie de tous les jours, d’empêcher le désastre. Nombre de gestes quotidiens prennent alors un relief nouveau : ne pas laisser couler l’eau en se lavant les dents, conduire moins vite et éteindre la lumière en quittant une pièce seraient autant de façons de « sauver la planète ». En somme, l’impératif écologique met enfin le statut de super-héros à la portée de tous.

Buzz de la semaine : et vogue le navire

Pas un jour sans son lot de projets architecturaux pharaoniques estampillés “durables”. Dernier né : Physalia de Vincent Caillebaut, soit un navire flottant 100% écolo.


whaleparisDans le monde des architectes, Vincent Caillebaut est encore un enfant. Pourtant, ce belge de 32 ans possède déjà l’art d’accorder ses créations à l’air du temps : ses projets de  ferme verticale (Dragonfly) et de ville flottante pour réfugiés climatiques (Lilypad) avaient déjà largement retenu l’attention de la presse internationale. Encouragé par ces premiers succès, le jeune homme récidive avec un nouveau prototype : Physalia.  Alliant design biomorphique (la physalia est un pneumatophore marin) et NTIC (nouvelles technologies de l’information et de la communication), ce projet se veut « un vaisseau amphibien, mi-aquatique et mi-terrestre, une agora flottante qui a non seulement à l’échelle géopolitique de conjuguer écologie et économie en eau, mais aussi à l’échelle européenne d’élaborer des solutions stratégiques pour dynamiser le réseau fluvial. »

Autrement dit, ce navire 100% autosuffisant en énergie (son toit est équipé de cellules photovoltaïques) a été imaginé comme un laboratoire flottant dévolu à la recherche sur l’eau - que ce soit en matière de consommation d’eau ou de navigation fluviale. Un projet qui n’est pas sans évoquer Sea Orbiter, navire laboratoire conçu par Jacques Rougerie, et dont la fonction sera précisément « d’observer les impacts du changement climatique, la biologie marine et les déplacements marins durables grâces aux hydroliennes et aux capteurs de houle, les nouvelles nourritures de la mer, les virus océaniques…”

Service lifté : comment (bien) vieillir chez soi…

Entre l’allongement de la durée de vie et la diminution de la taille des ménages, de plus en plus de personnes âgées sont amenées à vivre seules chez elles. Comment l’habitat s’adapte-t-il à cette nouvelle donne ? Enquête dans la résidence du parc de la Suze à Bienne (Suisse).


Photo : Thomas Jantscher

Photo : Thomas Jantscher

Malgré la neige et le froid qui enveloppent Bienne, Ivo Bracher, directeur de Bonacasa*, est fier de nous faire visiter la résidence qu’il a construite dans le parc de la Suze. Non sans raison : derrière une architecture fonctionnaliste très « swiss touch », ce programme multi générationnel de 108 appartements locatifs s’avère un paradis pour seniors. Suppression des seuils qui sont autant d’obstacles au passage des fauteuils roulants, ouvertures plus larges, douches de plain-pied et toilettes adaptées, tiroirs faciles à manier dans la cuisine… : tout dans l’architecture et l’aménagement des lieux entend favoriser le maintien à domicile des personnes âgées. Dans les parties communes, un centre médical et un club de sport avec nutritionniste prodiguent à qui veut conseils santé et consultations.

tabletpcMais l’originalité de la résidence tient moins à son architecture qu’au dispositif mis en œuvre par Bonacasa. En effet, afin d’assurer la sécurité de ses occupants, chaque logement y est équipé d’une tablette PC (voir photo) reliée à Internet. Son rôle : permettre aux locataires de commander par écrit ou de vive voix l’un des nombreux services proposés par Bonacasa, mais aussi d’entrer en contact avec les autres habitants de la résidence. Conçu en partenariat avec Swisscom, ce dispositif tient également lieu de veille : en cas de malaise, un bracelet électronique vous permet d’alerter le central téléphonique, qui cherchera à identifier les causes de l’appel et vous portera assistance le cas échéant. Coût du dispositif : 75 francs suisses (=50 euros) par mois.

Si l’on considère qu’environ 20% de la population suisse a aujourd’hui plus de 60 ans et que la proportion de seniors devrait encore augmenter d’ici 20 ans, on peut prédire que les résidences comme celles du parc de la suze connaîtront bientôt un développement considérable… et ouvriront aux sociétés de services un marché juteux.

*société suisse de services à la personne

Buzz de la semaine : Avatar, plaidoyer écolo…

11 ans après Titanic, qui avait rapporté 1,8 milliars de dollars de recettes, le réalisateur James Cameron s’apprête à battre un nouveau record : Avatar, son dernier film, a franchi en à peine 17 jours la barre du milliard de dollars de recettes. Les clés du succès ? Des images entièrement tournées en 3D, des effets spéciaux spectaculaires et un plaidoyer écolo de circonstance… (Lire la suite…)